Dynamisme économique du Lamentin, première commune d’activité de la Martinique

Au cœur de la Martinique, une commune concentre à elle seule une part impressionnante de l’activité économique de l’île. Le Lamentin, avec ses 40040 habitants répartis sur 62,32 kilomètres carrés, s’est imposé comme le véritable poumon économique du territoire, porté par une position géographique unique et une diversité sectorielle qui attire aussi bien les entrepreneurs locaux que les investisseurs venus de métropole ou d’ailleurs.

Le récap

  • Le Lamentin s’impose comme le poumon économique de la Martinique avec plus de 13 000 établissements implantés sur son territoire.
  • Sa position géographique stratégique, incluant l’aéroport international Aimé Césaire, favorise le développement des secteurs de la logistique et du transport.
  • Le commerce de détail, porté par des zones majeures comme Galleria et Place d’Armes, constitue un pilier fondamental de l’activité économique locale.
  • L’économie lamentinoise se diversifie également dans l’industrie, l’agriculture modernisée, la pêche artisanale et les services aux entreprises.
  • Malgré une croissance globale soutenue et une hausse des chiffres d’affaires, le tissu entrepreneurial fait face à des fluctuations récentes et une fragilité accrue dans certains secteurs.
  • Les autorités soutiennent le dynamisme de la commune par des investissements publics massifs destinés à moderniser les infrastructures portuaires et à encourager l’innovation.

Le Lamentin : pôle économique central de la Martinique

Difficile de trouver un équivalent au Lamentin sur l’île lorsqu’il s’agit de dénombrer les entreprises actives. La commune héberge pas moins de 11782 entreprises, un chiffre qui grimpe à 13089 lorsqu’on y ajoute les établissements secondaires, avec 1307 structures supplémentaires venant compléter ce tissu économique déjà dense. L’âge moyen de ces entreprises, fixé à 15 ans, témoigne d’une certaine stabilité, même si le secteur des minerais, minéraux et sidérurgie affiche une longévité moyenne de 27 ans, contre seulement 10 ans pour la gestion et l’administration des entreprises. Le statut d’entrepreneur individuel domine largement le paysage local, avec un effectif moyen de 4 employés par structure. Pour les personnes qui envisagent de s’installer durablement sur l’île afin de développer leur activité, la question de la mobilité se pose rapidement, et nombreux sont ceux qui optent pour une location de voiture longue durée en Martinique afin de circuler librement entre les zones d’activités sans contrainte d’achat ni de revente. Plus de 3000 entreprises sont d’ailleurs implantées directement sur le territoire lamentinois, un signal fort de l’attractivité économique de la commune.

Concentration des entreprises et zones d’activités commerciales

Le Lamentin s’organise autour de deux zones commerciales majeures qui structurent son offre : le Galleria et la Place d’Armes. Ces espaces concentrent une part significative du commerce de détail et de la grande distribution, l’un des secteurs identifiés comme porteurs dans la dynamique locale. À l’échelle de la Martinique, le commerce et la réparation d’automobiles représentent d’ailleurs 47,15% de l’activité économique globale, une proportion qui illustre l’importance de ce pan de l’économie insulaire. Autour de ces pôles commerciaux gravitent également des services aux particuliers, aux collectivités et aux entreprises, ainsi que des activités liées à la construction et au bâtiment, secteur qui pèse pour 7,58% de l’activité économique régionale et qui dépasse de 5% les niveaux observés en 2022.

Infrastructure de transport et position géographique stratégique

La localisation du Lamentin n’a rien d’anodin. La commune accueille sur son territoire l’aéroport international Aimé Césaire, principale porte d’entrée aérienne de la Martinique, ce qui en fait un carrefour incontournable pour les voyageurs comme pour les marchandises. Cette position stratégique, couplée à son intégration dans l’agglomération de Fort-de-France, explique en grande partie pourquoi tant d’entreprises choisissent de s’y implanter. Le trafic portuaire régional a d’ailleurs progressé de 12% au premier semestre 2023, un signe supplémentaire du dynamisme des échanges commerciaux qui transitent par cette partie de l’île. La logistique et les transports figurent naturellement parmi les secteurs les plus porteurs identifiés localement, profitant directement de cette double infrastructure aéroportuaire et portuaire.

Secteurs porteurs et perspectives de développement au Lamentin

L’économie lamentinoise ne se limite pas au commerce et aux transports. La pêche artisanale demeure une activité importante, avec des visites guidées de la baie organisées par des marins-pêcheurs, encadrées par des organismes comme l’IFREMER et l’ADAM. L’agriculture locale s’est également modernisée, avec des cultures de bananes et de produits maraîchers qui côtoient un élevage bien développé. Un parc d’activités dédié permet par ailleurs l’essor d’industries variées, allant de l’ameublement à l’agroalimentaire, en passant par le bâtiment et la chimie.

Commerce, logistique et services : moteurs de la croissance locale

À l’échelle martiniquaise, le chiffre d’affaires cumulé des entreprises a atteint 18,80 milliards d’euros en 2023, marquant une progression de 6,31% sur un mois seulement. Décembre 2023 affiche même un chiffre d’affaires supérieur de 10,38% à celui de décembre 2022, une activité qui dépasse de 23,50% son niveau de 2021 et de 39,10% celui de 2020. L’industrie manufacturière a généré 2,88 milliards d’euros, en hausse de 3% par rapport à l’année précédente, tandis que l’hébergement et la restauration ont vu leur chiffre d’affaires progresser de 11% sur la même période. Plus surprenant encore, le secteur agriculture, sylviculture et pêche a bondi de 118%, atteignant 17,8 millions d’euros en 2023. En décembre seul, 200 entreprises ont vu le jour, tandis que le nombre de structures en difficulté a reculé de 12,24%. Il faut néanmoins nuancer ce tableau optimiste : l’indice de dynamisme local calculé entre juillet et septembre 2026 affiche un léger recul de -0,11%, avec 23 défaillances comptabilisées pour seulement 10 créations, les secteurs de la construction, du commerce de détail et de l’hôtellerie-restauration étant particulièrement touchés. Autre donnée intéressante, 27% des entreprises de la commune sont dirigées par des femmes, le secteur immobilier concentrant le plus grand nombre de dirigeantes.

Projets d’aménagement et attractivité pour les investisseurs

Les autorités locales et régionales ne ménagent pas leurs efforts pour soutenir cette dynamique. Un investissement public conséquent a été fléché vers plusieurs projets structurants : 45 millions d’euros pour moderniser le port, 12 millions d’euros dédiés aux startups, ainsi que 3 millions d’euros pour une école des arts visuels et 1,9 million d’euros pour le PARM. Ces montants s’inscrivent dans une stratégie plus large portée par la communauté d’agglomération du Centre, qui regroupe 4 communes sur 171 kilomètres carrés, soit 7% du territoire martiniquais mais 42% de sa population avec 156729 habitants. L’ambition affichée est claire, avec un objectif de 170000 habitants d’ici 2035, accompagné de la construction prévue de 20760 logements et de l’ouverture de 264 hectares à l’urbanisation sur 20 ans. Les recettes de TVA brute ont atteint 853,87 millions d’euros en 2023, en hausse de 7%, même si l’octroi de mer a connu un léger repli à 258,3 millions d’euros. Le marché de l’emploi reste toutefois à surveiller, le nombre de demandeurs d’emploi ayant augmenté au deuxième trimestre malgré une baisse de 8,7% sur un an pour la catégorie A, dans un contexte où les prix à la consommation ont grimpé de 2,5% sur l’année. Sous la houlette du maire Pierre Samot, la commune poursuit ses projets de résorption de l’habitat insalubre tout en développant ses services municipaux, désormais accessibles en ligne, confirmant ainsi son rôle moteur pour l’ensemble de l’économie martiniquaise.